Demandez votre abonnement gratuit d'un mois !

« Donnons-nous les moyens d’accélérer les réseaux de chaleur et de froid » (Laurent Monnet, Smirec)

News Tank Energies - Paris - Tribune n°273277 - Publié le 08/12/2022 à 11:30
- +
©  D.R.
Laurent Monnet, président du Smirec - ©  D.R.

« Dans le contexte de crises multiples que nous traversons, les réseaux de chaleur et de froid constituent indiscutablement un levier puissant pour atteindre la neutralité carbone, la stabilisation des coûts pour leurs usagers, la souveraineté énergétique du pays mais aussi pour favoriser l’emploi local. Il est grand temps de leur donner les moyens d’accélérer leur développement vertueux pour l’environnement », déclare Laurent Monnet, président du Smirec Syndicat mixte des réseaux d'énergie calorifique , dans une tribune transmise à News Tank le 08/12/2022.

« Les réseaux de chaleur sont le moyen le plus efficient de mobiliser massivement, dans les territoires urbains denses, des énergies à la fois renouvelables et locales, comme le bois, la géothermie, la chaleur solaire, la valorisation des déchets ou encore la récupération de la chaleur des datacenters ou des usines. »


Les réseaux de chaleur, un levier de résilience énergétique

  • Régulièrement absente des débats sur l’énergie, la chaleur, produite à plus de 50 % à partir d’énergies fossiles, représente près de la moitié des consommations énergétiques nationales. Délaissés par le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables, les réseaux de chauffage urbains confirment pourtant, avec la crise, le caractère résilient de leur modèle de développement.
  • Ces réseaux de chaleur constituent en effet le moyen le plus efficient de mobiliser massivement, dans les territoires urbains denses, des énergies à la fois renouvelables et locales, comme le bois, la géothermie, la chaleur solaire, la valorisation des déchets ou encore la récupération de la chaleur des datacenters ou des usines, garantissant ainsi des prix et des approvisionnements plus stables et mieux maîtrisés que ceux des énergies fossiles.
  • Accélérer le développement d’une production de chaleur et de froid plus renouvelable et plus locale, en raccordant des bâtiments existants actuellement chauffés au fuel ou au gaz fossile mais aussi, bien sûr, les nouvelles constructions, est donc crucial pour répondre à l’ambition environnementale tout en mettant nos populations à l’abri des fluctuations erratiques et exorbitantes des marchés.

Une augmentation du Fonds chaleur pour des réseaux encore plus vertueux

  • Avec près de 800 réseaux de chaleur en service, la France dispose incontestablement d’un savoir-faire dans le domaine. Mais, avec moins de 5 % de la chaleur produite au niveau national, cette contribution efficace à la transition énergétique reste très en deçà de ce que font nombre de nos voisins européens et très insuffisamment exploitée comme le soulignait en septembre 2021 un rapport de la Cour des comptes.
  • Des outils existent pourtant et les collectivités, laboratoires d’idées, savent s’en saisir. Le Fonds chaleur de l’Ademe Agence de l’environnement et de la maîtrise de l'énergie , véritable accélérateur de projets depuis 2009 pour relocaliser et décarboner notre production de chaleur, en est un. Le Président de la République s’était engagé à le porter à 1 Md€ lors de la dernière campagne présidentielle. Il n’est pourtant aujourd’hui doté que de 520 M€, comme le rappelle l’Amorce Réseau associatif français d’information, de partage d’expériences et d’accompagnement des collectivités et autres acteurs locaux en matière de transition énergétique (maîtrise de l’énergie, lutte…  dans une lettre adressée à la Première Ministre.
  • Sans une augmentation conséquente de ce Fonds chaleur, le projet de loi de finances 2023 n’est pas à la hauteur des ambitions affichées mais surtout des nécessités pour une sortie rapide des énergies fossiles. Une augmentation de 50 % de l’enveloppe du Fonds de chaleur d’ici 2024 sera déterminante pour maintenir les projets des collectivités, développer de nouvelles actions et accélérer la décarbonation de la chaleur et la transition énergétique du pays.

Le biogaz, une solution pour décarboner la chaleur

  • Parmi les multiples solutions de décarbonation du mix énergétique des réseaux de chaleur, il est nécessaire de soutenir le biogaz issu de la méthanisation de matières organiques, disponible localement et qui présente de nombreux atouts. Outre le fait qu’il permet de maintenir en exploitation des chaudières à gaz souvent récentes et de profiter d’un réseau déjà en place, il valorise une solution vertueuse de gestion locale de nos biodéchets avec les impacts économiques et sociaux associés.
  • Mais pour que les collectivités puissent pleinement remplir leur rôle de moteur de la transition énergétique vers le biogaz, qu’elles se protègent ainsi que ses habitants des comportements des marchés de l’énergie, il est essentiel que le code des marchés publics leur permette de signer des contrats d’approvisionnement à long terme avec ces producteurs de gaz verts (et plus généralement d’EnR Énergies renouvelables ) locaux.
  • Les solutions sont donc à disposition mais il faut aujourd’hui un soutien accru de l’Etat et des modalités d’intervention facilitées pour les collectivités dans les projets de production d’EnR.
  • Dans le contexte de crises multiples que nous traversons, les réseaux de chaleur et de froid constituent indiscutablement un levier puissant pour atteindre la neutralité carbone, la stabilisation des coûts pour leurs usagers, la souveraineté énergétique du pays mais aussi pour favoriser l’emploi local. Il est grand temps de leur donner les moyens d’accélérer leur développement vertueux pour l’environnement.

Laurent Monnet


Consulter la fiche dans l‘annuaire

Parcours

Smirec
Président
Syndicat Intercommunal pour le gaz et l'électricité en Île-de-France (SIGEIF)
Vice président chargé du Développement des énergies renouvelables
Ville de Saint-Denis
Maire adjoint Transformation écologique, Nature en ville, Démocratie alimentaire, Commande publique
Communauté d’Agglomération Plaine Commune
Conseiller Nature en ville, Economie circulaire, Projet alimentaire territorial, Espaces publics
Plaine énergie citoyenne
Président

Établissement & diplôme

UTC (Université de technologie de Compiègne)
Diplôme d’ingénieur Computer science
Institut des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie (IHEST)
Auditeur

Fiche n° 48025, créée le 08/12/2022 à 10:55 - MàJ le 08/12/2022 à 11:05

Smirec

Le Syndicat mixte des réseaux d'énergie calorifique exerce le service public de production et de distribution de chaleur et de froid pour les villes de La Courneuve, Saint-Denis, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, L’Ile-Saint-Denis, Aubervilliers, Villetaneuse et Epinay-sur-Seine.
• Création : 2013.
Mission :
- fournir de la chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire) à environ 57 000 équivalents logements (un équivalent logement équivaut à un logement de 80 m² occupé par un ménage de quatre personnes).
Président : Laurent Monnet
Contact : Sophie Rousset
Tél. : 06 83 76 80 93


Catégorie : Syndicat & CSE


Consulter la fiche dans l‘annuaire

Fiche n° 14344, créée le 08/12/2022 à 11:07 - MàJ le 08/12/2022 à 11:19

©  D.R.
Laurent Monnet, président du Smirec - ©  D.R.