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Demande énergétique : + 8 % pour le gaz, +2,9 % pour l'électricité en Europe en 2024 selon ICIS

News Tank Energies - Paris - Actualité n°313414 - Publié le 29/01/2024 à 14:00
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©  D.R.
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La demande européenne de gaz augmentera de 8 % et celle d'électricité de 2,9 % en 2024 par rapport à 2023 en Europe, selon le rapport d’ICIS sur les Perspectives énergétiques pour les marchés européens du gaz, de l'électricité et du carbone en 2024, publié le 29/01/2024. « Mais la reprise sera lente », indique le document.

Pour 2024, les auteurs prévoient par ailleurs : 
• 1 743 TWh Térawatt-heure d’importations de GNL Gaz naturel liquéfié en Europe occidentale 
• + 33,4 GW Gigawatt d'énergie solaire et + 17,4 GW d'énergie éolienne installés
• Une baisse de la production de charbon et de lignite en Europe, de l’ordre de 34 TWh.


Perspectives pour la demande de gaz et d'électricité

Industrie

  • Les niveaux d’inflation devraient baisser, suivi par une baisse des taux d’intérêt. La demande industrielle de gaz et d'électricité commencera à montrer des signes de reprise dans la seconde moitié de l’année 2024 et en 2025, mais la reprise sera lente et le sous-secteur des produits chimiques n’offrira qu’un potentiel de croissance très limité.
  • Secteur de la chimie : il représentait 22 % de la demande énergétique industrielle en Europe en 2021. 
    • « Le sujet numéro un sur le marché des produits chimiques est la surcapacité, étant donné l’inadéquation entre le ralentissement de la croissance de la demande et la mise en service de nouvelles capacités. Ce problème devrait perdurer, car de nouvelles capacités mondiales devraient être mises en service au cours de la période 2027-2028, dans le cadre de projets de construction de centrales électriques. »

Ménages

  • « En 2024-2025, les facteurs macroéconomiques seront au moins aussi importants pour le comportement des consommateurs résidentiels que les coûts directs du gaz et de l'électricité. »
  • Le PIB Produit intérieur brut réel de la zone euro devrait croître de 0,6 % en 2024 et de 1,9 % en 2025 ; l’inflation devrait passer de 5,5 % en 2023 à 1,9 % en 2024 et à 1 % en 2025. 
  • L’augmentation du pouvoir d’achat des ménages en 2024 et 2025 conduira à une reprise progressive de la demande résidentielle de gaz et d'électricité. 
  • Cependant, les prix de gros restant proches du double des niveaux d’avant la crise, il est peu probable que l’on assiste à un fort rebond de la demande.

Gaz : chiffres clés

  • La demande européenne de gaz devrait atteindre 3 746 TWh en 2024, soit 8 % de plus qu’en 2023, mais 2 % de moins qu’en 2022. Les pays concernés sont : Autriche, Belgique, République tchèque, Allemagne, Danemark, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Luxembourg, Grande-Bretagne.
  • Une reprise lente et continue est attendue en 2025, pour atteindre 3 954 TWh, soit 4 % de plus qu’en 2022. 

Électricité : chiffres clés

  • La demande européenne devrait augmenter de 2,9 % en 2024, pour atteindre 3 126 TWh. Les pays concernés sont : l'UE Union européenne , Royaume-Uni, Norvège et Suisse.
  • La consommation d'électricité devrait continuer à augmenter lentement en 2025, dépassant le niveau de la demande de 2022. « Elle continuera d’augmenter pendant le reste de la décennie et au-delà, en raison des exigences de l'électrification et de la production d’hydrogène vert. » ICIS prévoit des taux de croissance de la demande compris entre 2,5 et 3 % entre 2025 et 2028.

Perspectives pour l’approvisionnement

Gaz

  • « L’Europe s’appuiera fortement sur le GNL pour satisfaire une croissance annuelle de la demande de gaz de 8 % au cours d’une période où le marché mondial du GNL devrait encore être structurellement déficitaire. »
  • Importations de GNL de l’Europe occidentale : 1 743 TWh en 2024, soit 15 % par rapport à 2023. 
  • Capacité de regazéification de l’Europe occidentale : +226 TWh/an en 2024, soit +9 % par rapport à 2023. Allemagne : 154 TWh/an ; Belgique : 72 TWh/an. 
  • « Les niveaux de stockage relativement élevés contribueront probablement à compenser la pression sur les prix. Les stocks de gaz devraient être remplis à 55 % d’ici le 01/04/2024 et devraient atteindre l’objectif de 90 % fixé par l’UE avant l’hiver 2024/2025. Le taux de remplissage fin 2024 devrait se situer entre 85 et 90 %. »
  • Pays exportateurs : 
    • Norvège : « Les importations de gazoducs norvégiens, qui constituent la plus grande source d’approvisionnement de l’Europe, seront interrompues par des travaux de maintenance importants au cours du troisième trimestre 2024. Cela maintiendra les importations faibles pour une autre année, avec des flux inférieurs de 1 % en glissement annuel et de 5 % par rapport à l’année moyenne 2018-2022. 
    • Russie : « Les volumes livrés par Gazprom en 2024 resteront conformes à ceux de 2023. L’accord quinquennal de transit du gaz entre l’Ukraine et la Russie n’expire qu'à la fin de 2024 et les acheteurs d’Europe centrale qui utilisent encore cette voie pour recevoir du gaz de Gazprom continueront à le faire tout au long de l’année 2024. »

GNL 

  • Le marché mondial du GNL devrait revenir à un marché sous-approvisionné en 2024. La demande de GNL devrait augmenter de 5 % en 2024 par rapport à 2023 pour atteindre 424 millions de tonnes (6 407 TWh), tandis que l’offre de GNL devrait augmenter de 2 % pour atteindre 413 millions de tonnes (6 241 TWh). 
  • L’Europe du Nord-Ouest et la Chine seront les moteurs de l’augmentation de la demande de GNL. 
    • « L’Europe aura besoin du GNL comme principale source d’approvisionnement pour faire face à l’augmentation de la consommation de gaz, et prévoit une augmentation de la demande de GNL de 15 % en 2024 par rapport à 2023. »
    • L’Asie devrait connaître une croissance de 1,7 % en 2024 par rapport à 2023. « La forte croissance de la demande de GNL en Chine et, dans une moindre mesure, en Inde, sera partiellement compensée par les baisses attendues au Japon et en Corée du Sud. » La demande chinoise de GNL sera de + 9 % en 2024 par rapport à 2023. En Inde, la demande augmentera de +7 % en 2024 par rapport à 2023. AU Japon et en Corée du Sud, les importations de GNL devraient maintenir une tendance à la baisse.
  • Offre : une croissance de 2 % en 2024 par rapport à 2023 est attendue. Il n’y a pas de grands projets dans le pipeline 2024.

Électricité en Europe

  • EnR Énergies renouvelables  : + 33,4 GW d'énergie solaire et + 17,4 GW d'énergie éolienne prévus en 2024 par rapport à 2023. « La production supplémentaire combinée de 106 TWh provenant de ces deux sources dépassera les 75 TWh d’augmentation de la demande prévue en 2024, ce qui signifie que la production thermique devrait encore diminuer. »
  • Le rétablissement progressif du parc nucléaire français devrait conduire à une production nucléaire française supplémentaire de 11 TWh en 2024 par rapport à 2023. En dehors de la France, la production nucléaire dans le reste de l’Europe devrait diminuer de 1 TWh.
  • La production de gaz est susceptible d’augmenter 8 TWh en 2024 par rapport à 2023.
  • La production de charbon et de lignite devrait diminuer de 34 TWh en 2024 par rapport à 2023.
  • Production thermique de l'électricité :
    • En 2023, la production thermique des compagnies d'électricité a baissé. « La dynamique du changement de combustible sera essentielle, en particulier pour le quatrième trimestre 2024, où un changement de combustible supplémentaire en faveur du gaz pourrait se matérialiser si l’extrémité de la courbe du gaz à terme se déplace encore vers le bas. »

• Au cours de la décennie qui a précédé 2022, l’Allemagne était le deuxième exportateur net d'électricité en Europe. Le pays est passé au statut d’importateur net en 2023 en raison de la politique de sortie du nucléaire et de la réduction de la capacité de production de charbon et de lignite.  Les importations de l’Allemagne continueront à augmenter en 2024, avec plus de 10 GW de charbon et de lignite qui devraient être mis hors service tout au long de l’année. 

• La France est passée d’une position d’importateur net en 2022 à une position d’exportateur net en 2023. Cette évolution est principalement due à l’augmentation de 41 TWh de la production nucléaire. La poursuite de la reprise de la production nucléaire devrait contribuer à stimuler les exportations en 2024.

Pays 2022 2023 2024 (prévision)
France -16.4 50.3 54.6
Suède 33.3 28.5 41.2
Norvège 13.0 19.9 20.6
Espagne 18.5 11.8 17.7
République tchèque 14.3 9.2 8.3
Pays-Bas 4.5 5.6 8.2
Suisse -4.9 5.3 5.9
Bulgarie 12.1 3.6 3.1
Slovaquie -1.1 3.5 8.6
Roumanie -1.2 3.1 4.4
Danemark 1.4 0.7 -0.6
Lettonie -2.3 -0.9 -0.8
Irlande 0.3 -1.4 -1.6
Croatie -5.3 -2.2 -6.0
Slovénie -1.5 -2.2 -0.5
Autriche -11.7 -2.3 -4.1
Finlande -11.1 -3.0 -4.7
Belgique 5.8 -3.2 -6.3
Estonie -0.8 -3.3 -3.7
Pologne 1.1 -4.0 -8.9
Grèce -3.3 -5.3 1.3
Lituanie -8.9 -7.2 -5.1
Portugal -9.2 -9.9 -8.4
Hongrie -12.3 -11.6 -14.6
Allemagne 26.9 -11.7 -38.0
Royaume-Uni (GB) 6.2 -24.6 -15.2
Italie -43.4 -51.7 -54.6

Données en TWh (térawattheure)

Perspectives pour les prix

  • Le marché européen du gaz aura une hausse des prix plus faible en 2024 qu’en 2023.
  • Cela ne signifie pas que la région soit totalement immunisée contre la dynamique du marché mondial du GNL. 
  • Du côté de l'électricité deux facteurs baissiers sont à prendre en compte : « nous pourrions assister à des activités de couverture modérées en raison des écarts de prix négatifs et il y a un risque de voir se matérialiser de nouveaux changements de combustible du charbon au gaz ».
  • Du côté de l’industrie, « la demande ne s’améliorera pas tant que la politique monétaire restrictive n’aura pas atteint son but pour tous les secteurs sensibles aux taux d’intérêt. Le marché s’attend à ce que les baisses de taux d’intérêt commencent à se matérialiser d’ici l'été 2024. Tout retard repousserait la reprise industrielle. »
  • Les prix du gaz restent le principal moteur des prix de l'électricité sur les marchés européens. « En ce qui concerne les fondamentaux spécifiques à l'électricité, la demande atone, l’amélioration du nucléaire français, les stocks d’hydroélectricité sains et les ajouts réguliers de capacités renouvelables contribuent à l’image globalement baissière que nous observons. »
  • La situation de l’hydroélectricité doit être suivie en permanence quant à son impact sur les systèmes électriques de l’Europe du Sud, des Balkans et des pays nordiques, et donc sur l’ensemble du marché européen.
  • Le prix du carbone en 2024 pourrait atteindre entre 60 € et 65 € /tCO2 tonne de CO2 .

Presse
ICIS
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