
Électrification : « Un décalage croissant entre trajectoires et réalité » (R. Schellenberger, député)
« Nous observons une décorrélation croissante entre la consommation électrique réelle de l’industrie et celle projetée dans les différentes trajectoires. Il y a sur le terrain une intuition partagée de la nécessité d’électrifier, mais une stratégie et une mise en opération qui ne sont pas encore réellement engagées », déclare Raphaël Schellenberger
Député de la 4e circonscription du Haut-Rhin @ Assemblée nationale
, député non inscrit, lors d’un point d’étape sur sa mission parlementaire sur l’identification et la levée des freins à l’électrification des industries en France, le 07/04/2026. Il a remis un pré-rapport à Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Les industriels partagent le diagnostic et la nécessité d’aller vers une électrification accrue, selon Raphaël Schellenberger. « Ce décalage s’explique par les contraintes d’investissement, en particulier pour les grands sites industriels fortement émetteurs, où les montants engagés sont considérables. Les projets restent sensibles à de nombreux facteurs d’incertitude : conditions de marché en amont et en aval, visibilité sur les prix de l’énergie, cadre réglementaire, souvent perçu comme dépendant de décisions européennes », indique l’élu.
Le député identifie également une seconde catégorie « plus complexe » à traiter : celle des industries diffuses, comme l’agroalimentaire, le textile ou le traitement de surface. « Même les acteurs du gaz estiment que près de 30 % de la consommation dans l’industrie pourrait être électrifiée sans difficulté technique majeure. Pour autant, ces projets peinent à émerger, en raison de freins économiques, organisationnels et réglementaires ».
Le député évoque l’importance de diffuser les retours d’expérience positifs et de valoriser les projets réussis. « Il faut mettre en avant ce qui fonctionne et créer des effets d’entraînement. La répétition des signaux politiques en faveur de l’électrification commence à produire des effets. Certaines entreprises remettent sur le haut de la pile des projets d’électrification qu’elles avaient mis de côté ».
Les freins identifiés par Raphaël Schellenberger sont : les différences de traitement entre réseaux de transport et de distribution, les modalités d’abattement des coûts d’accès (Turpe
Tarif d’utilisation du réseau public d’électricité
), et les règles de priorisation des raccordements.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a confié au député cette mission de six mois le 01/01/2026. Raphaël Schellenberger est appuyé par les services du ministère de l’Économie pour effectuer cette mission.
Le député doit proposer des pistes législatives ou réglementaires permettant de lever ces freins. Les travaux du député ont débuté par des auditions à Paris en janvier 2026, avant de se poursuivre sur le terrain, notamment dans les trois zones d’accélération industrielle ciblées par l’État - les grands ports de Marseille-Fos (Bouches-du-Rhône), Dunkerque (Nord) et Le Havre (Seine-Maritime) - ainsi que dans « des territoires industriels plus diffus », comme la Région Grand Est ou le département de Haute-Saône.
Des tensions à anticiper sur les équipements industriels
La mission met également en avant un enjeu industriel : la disponibilité des équipements nécessaires à l’électrification. Les transformateurs, en particulier, pourraient devenir un point de tension dans les années à venir, dans un contexte de montée en puissance mondiale de l’électrification. Raphaël Schellenberger appelle ainsi à anticiper les besoins et à structurer une stratégie industrielle française sur ces composants critiques.
Un enjeu clé : sécuriser les décisions d’investissement
Raphaël Schellenberger rappelle enfin que l’électrification industrielle s’inscrit nécessairement dans des temps longs.
« Ce ne sont pas des projets qui produisent des effets immédiats. Il faut souvent deux ans entre la décision et la mise en œuvre, ne serait-ce que pour les études et les adaptations des procédés. Il faut garantir aux industriels un cadre ambitieux et stable, pour qu’ils puissent engager ces investissements maintenant », indique le député.
Raphaël Schellenberger
Député de la 4e circonscription du Haut-Rhin @ Assemblée nationale
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Parcours
Député de la 4e circonscription du Haut-Rhin
Conseiller d’Alsace
Président de la commission d’enquête relative à la perte de souveraineté énergétique de la France
Conseiller départemental
Maire
Fiche n° 48237, créée le 06/01/2023 à 13:32 - MàJ le 23/04/2026 à 13:15
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