Gaz : le remplissage des stocks au plus bas en France depuis 2017

News Tank Energies - Paris - Actualité n°450108 - Publié le
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Le niveau de remplissage des stocks de gaz en France atteint 57,52 % au 03/08/2026, soit un plus bas depuis neuf ans à cette période, selon les données de Gas infrastructure Europe (GIE Gas Infrastructure Europe ), dont News Tank prend connaissance le 04/08/2026.

Le niveau de remplissage à cette même date était de 76,66 % en 2025, de 78,19 % en 2024 et de 76,04 % en 2023. Il faut remonter à 2017 pour constater un niveau de stocks plus bas en France un 03/08, à 56,95 %.

Le niveau de remplissage est de 57,43 % le 03/08/2026 dans l’Union européenne. Il s’agit d’un record depuis le début des données AGSI Aggregated Gaz Storage Inventory (Aggregated Gas Storage Inventory) de GIE en 2011. Le précédent point bas pour un 03/08 s’était établi à 57,63 % le 03/08/2021.

L’Union européenne a en effet abordé la saison avec des stockages remplis à 83 % au 01/10/2025, contre environ 94 % un an auparavant. Durant l’hiver 2025-2026, le froid a été particulièrement marqué, ce qui a favorisé la consommation de gaz. Les stockages sont ainsi tombés à 28 % au 01/04/2026, contre 55,8 % en 2023, 58,5 % en 2024. En France, ils n’étaient plus remplis qu’à 21,8 % à cette même date.

À cela s’ajoute le blocage du détroit d’Ormuz, qui a perturbé l’approvisionnement européen et la fin progressive des achats européens de gaz russe, ce qui restreint encore davantage l’offre.

« Sur la période d’injection qui va d’avril à août, normalement, les prix sont plus intéressants que les prix en hiver. Cette année, le signal-prix n’est pas là, c’est-à-dire que le gaz est plus cher en été qu’en hiver. Le conflit au Moyen-Orient fait qu’il y a une prime de risque sur cette période car on estime qu’il y a moins de GNL Gaz naturel liquéfié , qu’il devient plus rare et plus coûteux », indique à News Tank Helder Faria Rubio, économiste spécialiste des marchés du gaz, le 04/08/2026.


Évolution du remplissage des stocks de gaz en Europe (en %) - ©  GIE

Évolution de la part de remplissage des stocks de gaz en France - ©  GIE

Vert : Évolution du remplissage en 2026
Zone grise : maximum/minimum historique depuis 2011
Source : données AGSI GIE

Filet de sécurité

« En l’état actuel, il n’y a pas à s’inquiéter pour l’instant. Si nous avons un hiver 2026-2027 qui est plutôt doux et si le conflit se calme d’ici la fin de l’année 2026, nous allons être justes mais les stocks de gaz vont jouer leur rôle de filet de sécurité et nous permettre de rééquilibrer l’offre et la demande », selon Helder Faria Rubio.

« Aujourd’hui, nous allons amorcer l’hiver 2026-2027 autour de 70-75 % de remplissage, ce qui est bien en dessous de ce dont on a l’habitude. Donc on a une marge de sécurité qui est plus petite et plus faible », ajoute l’économiste.

Besoin de davantage de GNL

Dans un rapport publié le 07/07/2026, l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (Acer Agence européenne de coopération des régulateurs de l’énergie ) estime que, pour revenir à 90 % de remplissage avant l’hiver, l’Union européenne aurait besoin d’importer environ 13 % de GNL de plus qu’en 2025. Avec des importations proches du rythme de 2025, un niveau d’environ 80 % resterait en revanche atteignable, selon l’organisation.

L’organisme considère également que les conditions de marché freinent le remplissage des capacités de stockage. « Ce remplissage pourrait devenir plus difficile dans les mois à venir. Des écarts de prix hiver-été défavorables, la suppression progressive des contrats à court terme sur le GNL russe et le gaz par gazoduc dans le cadre du règlement REPowerEU Action européenne conjointe en faveur d’une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable et la volatilité persistante liée au conflit au Moyen-Orient limitent l’offre disponible pour le stockage, accentuant la pression pour accélérer les injections avant novembre », indique le rapport.

« Compte tenu de ces risques, l’Acer encourage les États membres et leurs autorités compétentes à suivre de près l’évolution du remplissage des capacités de stockage dans les mois à venir », ajoute le document.

Pression sur les prix

Ces faibles niveaux de stockage exposent surtout à un risque d’achats très coûteux lors de l’hiver 2026-2027. En cas d’hiver rigoureux, et si les stocks ne sont pas assez importants pour répondre à la demande, l’Europe sera obligée de racheter en urgence du GNL au jour le jour sur les marchés spots.

« Le risque n’est pas le stock en soi mais plutôt le contexte dans lequel il va évoluer. C’est le rythme de soutirage qui nous dira s’il faut s’inquiéter ou pas. Si les rythmes sont trop élevés lors de l’hiver 2026-2027, nous allons devoir nous fournir sur les marchés », indique Helder Faria Rubio.

Le GNL spot livré en Europe coûtait environ 19 $/MBtu le 20/07/2026, contre environ 11 $/MBtu début août 2025, selon les données de S & P Global Energy. La hausse actuelle est liée à la réduction des flux et aux risques pesant sur le trafic maritime au Moyen-Orient, deux éléments qui ont renforcé la concurrence entre l’Europe et l’Asie pour les cargaisons disponibles, selon Helder Faria Rubio.

Gabrielle Lelievre
Conseillère communication
Communication
Gas Infrastructure Europe
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